mardi 5 janvier 2016

Haïku du Mardi #44





« Marqué par l'effort
mes veines dessinent sur mon corps
le puzzle de mon âme »

(c) Les mondes imaginaires 2015

samedi 2 janvier 2016

Le monde selon Garp - John Irving

Le monde selon Garp
John Irving

Jenny Fields ne veut pas d’homme dans sa vie mais elle désire un enfant. Ainsi naît Garp. Il grandit dans un collège où sa mère est infirmière. Puis ils décident tous deux d’écrire, et Jenny devient une icône du féminisme. Garp, heureux mari et père, vit pourtant dans la peur : dans son univers dominé par les femmes, la violence des hommes n’est jamais loin…

Un livre culte, à l'imagination débridée, facétieuse satire de notre monde.








Vous présenter ce livre est un défi en soit. Ne pas trop en dire... Mais en dire suffisamment pour vous faire envie. Vous expliquer que ce livre est épouvantable mais également sublime.
Alors je vais vous poser le décor. On commence avec une femme. Une femme qui ne veut pas de mari mais qui veut un enfant. A une époque où l'homme domine la femme et où celle-ci n'a que peu de liberté, cette femme va choisir une autre voie. Une voie qui laissera des traces indélébiles autour d'elle. Elle restera célibataire mais aura un enfant. Cet enfant, c'est Garp.

« Dans ce monde à l'esprit pourri, pensait Jenny, une femme ne saurait être que l'épouse ou la putain d'un homme - du moins ne tarde-t-elle pas à devenir l'une ou l'autre. Si une femme ne correspond à aucune des deux catégories, tout le monde s’efforce alors de lui faire croire qu'elle n'est pas tout à fait normale »

C'est dans ce contexte assez particulier que Garp va naître et grandir. Puis il va se marier, avoir des enfants, devenir écrivain... Et découvrir la complexité de la vie, des relations homme/femme et surtout celle d'élever des enfants.

Irving écrit très bien, dès les premières lignes on constate la fluidité et la musicalité du texte. Elle contraste d'ailleurs avec son aspect torturé. C'est souvent glauque et surtout extrêmement surprenant. Jamais je ne suis arrivé à prévoir où l'auteur voulait en venir. J'ai aimé Garp, puis je l'ai haï et enfin j'ai eu beaucoup de tendresse pour lui. Il est imprévisible et peut être vraiment détestable. Mais il est aussi extrêmement humain et attachant. Il nous fait réfléchir, comme tous les personnages du livre.

La réflexion sur le féminisme et la libération de la femme est pour moi un fil conducteur presque rassurant dans le livre. On y trouve des bons sentiments et leurs ennemis facilement identifiables. Mais ce n'est que la trame de fond d'un spectacle bien plus complexe. Dans ce spectacle, nous assistons à la bataille d'un homme contre lui-même. Il n'est pas plus logique que nous le sommes parfois et cela ne peut que déranger le lecteur. On s'identifie facilement et quand il réagit de façon ignoble, on se sent trahi.

Alors pourquoi on aime ? Tout simplement car cela nous oblige à nous remettre en question. Attention, aucun d'entre nous n'est Garp... Et heureusement !
Mais on a tous quelque chose de Garp en nous... 

« Dans le monde selon Garp, nous sommes tous des Incurables. »

Le monde selon Garp vous marquera à jamais. Vous fera probablement faire quelques cauchemars... Vous en sortirez meurtri mais grandi. Un livre incontournable.

Note : 9/10

jeudi 3 décembre 2015

La mort avec précision - Kôtarô Isaka

La mort avec précision
Kôtarô Isaka

Aujourd’hui encore, je suis en route pour rendre ma décision sur la mort d’un être humain. Pourquoi ? Parce que c’est mon boulot. Le dieu de la Mort descend sur Terre et enquête pour savoir si l’heure est vraiment venue pour tel ou tel humain de mourir. Chaque fois il emprunte une nouvelle apparence et découvre avec surprise et humour divers aspects de la société japonaise et humaine. Que ce soit dans le monde des yakuzas, le service des réclamations d’une grande entreprise, sur les routes du Japon ou dans un hôtel en pleine tempête de neige, le suspense est total car on ignore jusqu’au bout si le « candidat » va mourir et de quelle façon. Il partage son travail avec d’autres fonctionnaires de la Mort, qui évoluent donc parmi nous sous différents déguisements, envoyés ici-bas par une administration plutôt tatillonne qui leur téléphone de temps en temps de l’au-delà pour s’assurer qu’ils font bien leur travail. Ce que nous autres humains espérons aussi.

La mort des humains est décidé par une grande administration de la mort. Des "opérateurs" choisissent des candidats et envoient sur Terre des "dieux de la mort". Ces derniers ont 7 jours pour décider si l'humain est apte à mourir. Une fois la décision prise, il y assiste afin de s'assurer du décès.

A la lecture du synopsis de ce livre, j'ai de suite été intrigué. Avec l'importance que les Japonais accordent aux personnages, cela promettait beaucoup. Je suis content d'avoir succombé à ma curiosité.
Après un début un peu décevant où j'ai eu du mal à comprendre où l'auteur voulait en venir, j'ai commencé à rentrer dans l'histoire. 
Contrairement à ce qu'on pourrait croire, le héros, ce n'est pas le dieu de la mort que nous suivons, c'est l'humanité en général. Le livre est une invitation à vivre sa vie pleinement. On découvre des personnages. Leurs blessures et leurs espoirs nous touchent d'autant plus que nous savons qu'ils vont mourir. On s'attache très vite et on s'identifie à eux...

Deux histoires ont particulièrement su me toucher : celles d'un jeune vendeur de vêtements et d'un jeune meurtrier en cavale. Elles sont touchantes et profondes. Je n'ai pas pu m’empêcher d'en parler autour de moi au fur et à mesure de ma lecture. J'avais besoin de partager ce que je ressentais en les lisant. 

Le plus étonnant est que ce livre, même s'il égraine des personnages qui inlassablement finissent par mourir, n'est pas triste.  On est bien touché par une sentiment de mélancolie mais on en ressort avec une envie de vivre exacerbée. Une volonté de profiter de chaque petits bonheur que nous offre la vie.

La mort avec précision est un livre à part, pas parce qu'il vous scotche à sa lecture, mais parce qu'il est de ceux qui vous reste dans la tête. Il serait dommage de passer à côté.

Note : 8/10



mardi 1 décembre 2015

Haïku du Mardi #43




« Les pierres millénaires
ne peuvent empêcher le lierre
de trouver sa route »

(c) Les mondes imaginaires 2015

mardi 24 novembre 2015

Haïku du Mardi #42




« Il s'est dénudé
et exhibe son corps sculpté -
Le platane d'automne »

(c) Les mondes imaginaires 2015
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